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Un regard nouveau sur la métropole parisienne à travers la qualité de vie de ses habitants

La qualité de vie dans la métropole parisienne peut être pressentie par certaines caractéristiques individuelles des habitants comme les revenus, les conditions de logement et d’emploi… Mais, il convient de les additionner à d’autres critères qui relèvent du cadre de vie des territoires tels que l’environnement, les transports, l’accès aux loisirs. Ces indicateurs mettent en lumière les atouts et les faiblesses des arrondissements parisiens et des communes de la petite couronne. La qualité de l’air, le coût des logements et l’utilisation des transports en commun apparaissent comme les critères qui différencient le plus ces territoires de vie. Au-delà des différences de revenus, les territoires centraux bien desservis par les transports en commun, qui offrent des accès faciles aux équipements et à l’emploi, se différencient des autres territoires plus excentrés qui présentent de meilleures conditions de logement et une meilleure qualité de l’air.

Qualité de l’air, déplacements en transports en commun et prix des logements : des facteurs qui différencient les territoires

La métropole parisienne regroupe plus de 6,7 millions d’habitants. Elle semble être un espace très urbanisé et favorisé cependant, elle abrite des populations confrontées à des difficultés sociales. La qualité de l’air, l’usage des transports en commun pour se rendre sur le lieu de travail et les prix de vente des appartements apparaissent comme les critères qui différencient le plus les territoires. Ceux-ci sont fortement liés à la centralité. Paris et la plupart des communes proches cumulent une moins bonne qualité de l’air, des prix immobiliers élevés, une forte utilisation des transports en commun et une forte concentration de personnes âgées qui vivent seules. À Paris intra-muros, les emplois à durée déterminée sont plus fréquents de par l’importance du commerce dans l’économie et de la part élevée de jeunes dans la population active. Les territoires moins centraux abritent, eux, une forte population dotée d’un emploi stable (CDI, fonction publique,..).

Les contrastes socio-économiques, autres critères distinctifs entre les territoires

D’autres facteurs socio-économiques expliquent également, mais dans une moindre mesure, les disparités territoriales de la métropole parisienne. Certaines communes, plutôt situées en Seine-Saint-Denis ou dans l’ouest du Val-de-Marne, concentrent une forte proportion de logements suroccupés, une part élevée de jeunes sans diplôme et une présence importante de familles monoparentales. À l’inverse, d’autres territoires comme Paris et l’ouest de la métropole parisienne se caractérisent par des habitants aux revenus moyens élevés. Construire une métropole solidaire et durable constitue un des enjeux de la loi de modernisation de l’action publique territoriale et d’affirmation des métropoles (MAPTAM).

Communes au nord-est de Paris, au nord-ouest des Hauts-de-Seine et encadrant la Seine au sud de Paris : des territoires bénéficiant de logements abordables et de nombreux équipements, mais en difficulté

Sur ces territoires, on dénombre plus de 2 millions d’habitants. La Seine traverse de nombreux territoires et dans l’ensemble, la qualité de l’air est bien supérieure à celle de la capitale (surtout à Clichy-sous-Bois, Sevran, Aulnay-sous-Bois), ce qui représente un atout sur le plan environnemental. L’offre en formation universitaire est particulièrement développée sur cet espace. De plus, les logements y sont plus abordables. En contrepartie de ces atouts, les ménages disposent d’un revenu moyen très inférieur à celui de l’ensemble de la métropole parisienne et, l’accès à l’emploi y est plus difficile.

Paris, les atouts de l’accessibilité au détriment de la qualité de l’air

Paris compte plus de 2 millions d’habitants. La ville se distingue du reste de la métropole par la densité du réseau de transports en commun : Deux tiers des actifs parisiens se rendent à leur travail en transports en commun. Autre point différenciant : la concentration des emplois, en particulier dans les 1er, 2e, 8e et 9e arrondissements où se trouve le quartier central des affaires (cinq emplois pour un actif résident). Cependant, la capitale connaît des prix immobiliers élevés et une moins bonne qualité de l’air.

Néanmoins, Paris bénéficie avec la Seine, les canaux, les bois et autres espaces verts d’une présence d’eau visible et de végétation publique supérieures à la moyenne de la métropole parisienne.

Communes de l’Ouest et de l’Est proches de la grande couronne : des territoires bénéficiant d’un air de qualité, d’espaces verts et de bonnes conditions de logement, mais moins bien desservis

Cet espace regroupe les communes proches de la grande couronne, situées à l’ouest de Paris, à l’est de la Seine-Saint-Denis et au sud-est du Val-de-Marne. Il compte 41 territoires de vie et 1,25 million d’habitants. Moins denses en emploi et en population que le reste de la métropole parisienne, ces territoires bénéficient d’une bonne qualité de l’air et d’une présence importante de végétation publique. Dans certaines communes, celle-ci représente jusqu’à la moitié de la surface grâce aux forêts et parcs (Boissy-Saint-Léger, Ville-d’Avray, La Queue-en-Brie, Saint-Cloud, Chaville et Meudon). L’eau est cependant peu visible sur cet espace, à l’exception des communes situées le long de la Seine et de la Marne.

Dans ces territoires, les conditions de logement sont plutôt bonnes. Mais, ils sont assez mal desservis par les transports en commun et les actifs dépendent plus de leur voiture. De même, les habitants de ces territoires sont plus éloignés des équipements du quotidien (écoles, médecins, commerces…). Seule une personne sur deux a accès à une bibliothèque à moins d’un kilomètre.

A terme, la mise en œuvre du nouveau réseau de transport Grand Paris Express devrait toutefois faciliter l’accessibilité des populations de ces territoires, en particulier aux bassins d’emplois et aux équipements structurants.

Des conditions d’emplois favorables dans les communes limitrophes de Paris, à l’ouest et autour du bois de Vincennes

Cet espace rassemble plus d’1 million d’habitants. Les formes d’emplois y sont particulièrement favorables. Les salariés vivant dans ces territoires occupent plus souvent qu’ailleurs un emploi stable. Un actif sur deux se rend à son travail en transport en commun, comme dans l’ensemble de la métropole parisienne.

Sur cet espace, les ménages ont des revenus moyens élevés. Les prix de vente moyens des appartements anciens sont supérieurs à ceux de la métropole parisienne. Ces communes attirent de nombreux jeunes venus de province qui y trouvent des logements un peu moins chers que dans la capitale, tout en bénéficiant de la proximité avec Paris.

Les communes limitrophes de Paris et des bois bénéficient des atouts de la centralité en termes d’équipements. Sur le plan environnemental, la qualité de l’air s’améliore en s’éloignant de la capitale. Ces territoires sont peu dotés d’espaces verts publics, mais bénéficient, à l’est et à l’ouest, de la proximité des bois de Boulogne et de Vincennes.

Pour en savoir plus : https://www.insee.fr/fr/statistiques/1288211